Ola, terriens!

Les conditions météo s'étant améliorées nous avons décidé de reprendre la mer en direction de Palma de Majorque, départ 6 heures du matin.

Nous avons décidé, pour éviter un reste de vent d'Est, de longer la côte jusqu'à Barcelone puis de tirer tout droit sur Palma. Jusqu'à Barcelone moteur car vent dans le nez mais faible, 4 nœuds. A partir de Barcelone le vent à pris une direction sud est à 18/20 nœuds, un près serré nous obligeant à abandonner le moteur au profit des voiles. GV haute et génois à moitié. il était aux environs de 16 heures et nous avions déjà 1 heure 30 de retard sur notre route théorique planifiée.

Bien évidemment la navigation sous voile a pour conséquence de modifier quelque peu notre plan de route initial. Alors que nous visions préalablement, après Barcelone, vous suivez toujours ? la baie de Palma, nous avons mis le cap sur le nord est de l'île de Majorque, le cap Fromentor.

Après quelques 5 heures de navigation vélique, donc vers 21 h, si vous suivez toujours, j'en vois qui s'endorment au fond ! nous avons dû remettre le moteur, Éole nous ayant abandonné et, à partir de là, nous avons alterné moteur, panne, voile où nous naviguions à une vitesse qui ferait rire les escargots "de mer", moins d'un nœud. Après 2 démontages, nettoyage du circuit gasoil, purge et redémarrage, nous avons pu remettre le moteur vers 4 heures du matin, le vendredi pour l'arrêter le samedi à 3 heures du matin.

Et, vous vous demandez, que s'est il passé pour avoir ces pannes à répétition ? Et vous auriez raison de vous poser la question. Je ne peux qu'accéder à cette curiosité bien saine. Par deux fois, donc, le circuit gasoil s'est trouvé obstrué à la sortie du réservoir et du pré-filtre, par une boue, visqueuse et malodorante due à la présence de bactéries qui se développent dans les réservoirs, du fait de la présence d'eau lors du remplissage et surtout avec la condensation occasionnée par le retour du carburant non brûlé mais plus chaud, dans le réservoir. En effet le type de moteur diesel, monté sur le bateau, est des plus classiques. Le carburant est "chauffé" pour atteindre sa capacité d'explosion uniquement par compression, c'est à dire qu'il n'y a pas de bougies de préchauffage comme pour les diesels automobiles, et le surplus non "consommé" pas les injecteurs, repart par un circuit secondaire dans le réservoir.

Les puristes mécaniques pousseront sûrement des cris d'orfraies devant une telle explication que j'admets, volontiers, très peu académique, voire succincte mais qui s'adresse, en priorité à des béotiens en matière de moteur à explosion.

Donc nous avons mis 46 heures pour rejoindre notre destination au lieu de 35 heures. Vous aurez, bien évidemment, calculé par vous même la différence. Je vous donne quand même la solution, déformation professionnelle, soit 11 heures de plus. Quand on aime on ne compte pas, n'est-ce pas ?

D'aucuns nous ont déjà demandé si on s'ennuyait en navigation. Si c'était le cas, nous aurions assurément changé de mode de locomotion, car entre la surveillance du cap à suivre, de la direction du vent, de sa force il nous faut en permanence être capable de réactivité, ce qui oblige à une veille permanente.

D'autre part, le trafic en mer n'est pas toujours ce qu'on pourrait croire, il y a du monde sur l'eau, des petits bateaux sans signalement particulier que leurs petits feux de navigation la nuit, à peine visibles ; des gros, bien visibles eux, aussi bien sur l'AIS (cf: notre premier blog) que visuellement, mais qui naviguent 4 à 5 fois plus vite que nous et qui nous obligent à parfois slalomer pour nous écarter de leur route. En effet en mer comme sur la route, les gros font la loi et se mettre en travers, même si on a la priorité, c'est prendre des risques donc on s'efface !

trafic_au_large.jpg

Mais, parfois, c'est l'exception qui confirme la règle, nous avons un gros qui décide de changer quelque peu son cap, afin d'éviter un risque de collision. Cela nous est arrivé en début de nuit de vendredi à samedi où un cargo a légèrement dévié de sa route pour nous passer par l'arrière, c'est suffisamment rare pour que je le signale ici et l'en remercie.

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Pour finir avec les occupations à bord, il reste bien sur le bricolage, un faux contact ici, un dévissage là, des indicateurs de charge de batteries fantaisistes, un frigo qui se met en défaut et j'en passe. Et quand il reste du temps de libre, la lecture, les mots fléchés et la pêche, la vraie cette fois-ci, tout au moins dans sa tentative car pour le résultat il vaut mieux compter sur les conserves de sardines ou de maquereaux. Serions-nous plus doués pour le ramassage des sacs plastiques que pour la pêche à la traîne ? Je laisse cette question à votre sagacité, mais ne soyez pas mesquin, hein! J'en vois déjà qui se tape sur le ventre !

Nous sommes donc sur Palma pour au moins une semaine avec à la clé pas mal de travaux pour finaliser et fiabiliser le bateau pour la future grande traversée, notamment changement des voiles, un nouveau génois, une nouvelle GV et un code zéro, plus le changement du gréement, la fixation de la chaise d'arbre pour le moteur hors bord et tout ce que je n'ai pas vu mais que mon fiston a déjà remarqué. L’œil du professionnel, ça compte.

Rendez-vous au prochain numéro, et d'ici là, portez-vous bien, à terre.