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dimanche 09 décembre 2018

Départ pour la transat

Bonjour à tous,

Voilà, il est 6 heures du matin ce dimanche 9 décembre 2018 et nous nous apprêtons à quitter le port de Las Palmas, à Gran Canaria, pour transater jusqu'à la Martinique. Finalement, nous ne partirons que tous les deux, comme il y a 6 ans. Gwenaël, qui nous avait rejoint, a dû repartir pour la France en repassant par Palma pour rejoindre son frère jumeau, rentré précipitamment de Nouvelle Calédonie, qui a besoin de soutien.

C'est une grosse déception, bien sur, car partager un tel moment avec son fils, "voileux" lui-même, c'était un chouette projet, mais on ne maîtrise pas tout, une fois de plus. J'espère qu'il pourra aider à remettre sur pied son frère.

Donc silence radio pendant 3 semaines, vous pouvez enfin vaquer à vos occupations sans remord.

Nous vous souhaitons de bonnes fêtes de fin d'année, en espérant que vous puissiez faire vos courses sans encombre et que les magasins seront approvisionnés à temps. Pour ce qui nous concerne nous fêterons nos anniversaires respectifs, ainsi que la Noël et peut-être le Nouvel An en mer. Exotique, non?

Merry Christmas and Happy New Year !

La suite au prochain numéro et portez vous bien.

vendredi 07 décembre 2018

Las Palmas Gran Canaria

Dernier billet avant la transat

Nous voici donc à Las Palmas sur l’île de Gran Canaria. Le port de plaisance étant complet on nous a attribué une place dans une annexe, réservée au club Canarien de voiles latines. Nous sommes plusieurs voyageurs dans ce cas, c’est petit mais sympa. DSC_7880.JPG DSC_7875.JPG DSC_7877.JPG

La traversée de Lanzarote à Gran Canaria s’est effectuée, un fois n’est pas coutume, totalement à la voile. Moyenne 5.50 nœuds. Nous avons mis 21h30 pour effectuer un peu moins de 120 milles. Nous étions 4 bateaux à rejoindre Las Palmas et malgré une option plus sud, moins directe, nous sommes arrivés premier. Ok, ce n’était pas une régate mais ne pas se faire rattraper sur un même parcours, c’est valorisant. Surtout qu’on apprécie chaque jour nos nouvelles voiles et notre pilote automatique. Nous avons fait un petit tour dans la vieille ville avec une visite de la maison de Christophe Colomb. Par contre nous avons été étonnés de voir dans le port de commerce autant de plateformes de forage amarrées ou au mouillage. J’en ai compté 9.

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Ce jeudi 6 décembre étant jour de fête nationale en Espagne, nous n’avons pas pu louer de voiture donc nous avons pris deux billets aller-retour en bus pour aller voir les dunes de Maspalomas, dans le sud de l’île. A priori c’est à voir. Eh bien on a vu. Imaginez un spectacle de grand guignol, grands hôtels, et bord de mer construit sur la plage et vous aurez une idée des dunes de Maspalomas. La déception passée, nous sommes partis de pied ferme à l’assaut des dunes avec un vent de mer levant du sable rendant la marche peu agréable. Après quelques centaines de mètres nous sommes arrivés sur une partie des dunes occupée par les naturistes se mélangeant allègrement avec les « textiles » .

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Bon ! Je vais faire mon beauf de première ou mon macho de base tout en précisant que je n’ai pas d’à priori sur les nudistes , mais voir Guertrude, même épilée, nourrie à la saucisse de Francfort et à la bière de Munich, à des dizaines d’exemplaires, ou des Helmut dans le même état, ce n’est pas très agréable à regarder et gâche un peu la vue qu’on pourrait avoir si les dunes gardaient leur côté nature.

Maintenant, pour être honnête, il y aurait eu des Monica Bellucci, des Iris Mittinaere, et autres « bombes atomiques » mon opinion en eût été surement différente et bienveillante. Bref un déplacement sans réel intérêt. J’ai des photos des dunes mais ne me demandez pas des photos de nus, même artistique, n’est pas Hamilton qui veut.

Nous récupérons Gwénaël cet après-midi à l’aéroport et nous partons demain matin pour la transat en espérant trouver rapidement les alizés. Avec un tel équipier, sail maker et régatier nous devrions faire mieux qu'il y a 6 ans. Avec surtout moins de fatigue, les quarts à trois permettant plus de sommeil récupérateur.

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Il semblerait néanmoins qu’une bulle anticyclonique risquerait de nous barrer la route par des calmes assez importants. Il va nous falloir surfer sur les isobares météo afin d’éviter, autant que faire se peut, ces zones de calme car nos réserves de gasoil nous permettent une grosse centaine d’heures de navigation au moteur, pas plus, et nous partons pour au moins 3 semaines.

Donc, vous allez être tranquille pendant tout ce temps et vous consacrer enfin à des tâches utiles autres que la lecture du blog. Non ! je plaisante, cela nous fait plaisir de savoir qu’il est lu et suivi.

Aussi, nous vous souhaitons en avance, certes, de bonnes fêtes de fin d’année et nous vous retrouverons, de l’autre côté de l’océan, avec plaisir l’année prochaine pour un billet sur notre traversée.

A bientôt au prochain numéro et portez-vous bien.

jeudi 29 novembre 2018

Lanzarote, l'île aux volcans

Hello chers followers et amis,

Les quelques menus travaux, enfin, effectués, nous ont permis de dégager une journée touristique. Une fois n’est pas coutume dans ce périple. Si nous avions, il y a 6 ans, roulé de long en large sur cette superbe île, il restait encore des choses à voir et notamment une belle randonnée de plus de trois heures autour d’un cratère au milieu d’un énorme champ de lave.

Un peu d’histoire : Lanzarote se compose de 140 volcans. Au cours des années 1730-36 l’ouest de l’île fût le théâtre d’explosions, de tremblements de terre et de coulées de lave, à partir notamment du centre de l’activité volcanique de Timanfaya, où plus de 25 cratères s’ouvrirent, pour couvrir de laves et de cendres 20 000 hectares de terrain. Le cratère de la Caldera Blanca culmine à 458 mètres et fait 1 kilomètre de diamètre. Nous avons donc attaqué d’un pied ferme cette randonnée d’un peu plus de trois heures en attaquant par la traversée d’un immense champ de lave.

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Je reste époustouflé par la puissance qui a dû se dégager des entrailles de la terre pour vomir autant de lave, de roches en fusion. C’est phénoménal. Les photos ne traduisent qu’un aspect trop partiel par rapport à l’œil mais cela donne néanmoins une idée de l’environnement dans lequel nous marchons. Donc je vous laisse le loisir de regarder ces quelques photos sans autres commentaires, afin que vous vous faisiez vous-même votre propre lecture.

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Une fois au sommet nous avons pu apprécier la beauté naturelle du lieu ! La vue valait bien la grimpette.

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Et nous sommes restés là, à contempler cette nature minérale en essayant de déguster notre sandwich sous l’œil, pas franchement hostile mais limite patibulaire... pas très franc du collier ces corbeaux. Surtout que nous nous sommes déplacés pensant que nous empiétions sur leur territoire, et ben, ils nous ont suivis en croassant. Hitchcock et son syndrome des oiseaux nous est revenu en mémoire, et la dernière bouchée avalée, nous avons attaqué la descente par l'autre versant. Courageux mais pas téméraire.

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Pour couronner cette randonnée circulaire, vous avez vu le jeu de mot, extraordinaire, non? Nous avons pris un chemin de traverse en longeant la crête par un chemin en dévers côté cratère et non pas comme sur le parcours prévu. C'est bizarre, mais mes déséquilibres se sont réveillés et les quelques 200 ou 300 mètres ont été particulièrement ardus. Donc plus occupé à ne pas tomber, la roche étant, de plus, très friable, je n'ai pas pensé, un seul instant à prendre des photos de cette partie, j'espère que vous m'excusez.

Sur le chemin du retour nous avons pris la route des vins, non sans s'arrêter dans une bodega, celle d'El Grifo, pour déguster et acheter quelques bonnes bouteilles de blanc sec. 3 blancs et un rouge. Nous restons raisonnables, bien que nous sachions que l'alcool tue mais que le vin nourrit. Enfin, paraît-il !

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La veille nous étions allés faire les courses et nous avions prolongé notre itinéraire par une petite visite d'une marina plus au sud, Puerto Rubicon. Nous ne l'avons pas franchi, ni crié "alea jecta est", bof ! Je sais c'est faible. Mais ça me fait plaisir, voilà ! Et il n'y a pas de raison de ne pas se faire plaisir. Et je rajouterai où il y a de la gêne il n'y a pas de plaisir. Bon de là à confondre un coussin avec un cactus, il ne faut pas exagérer, non plus. N'est Jacques Dutronc, qui veut.

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Vers le chemin de retour nous nous sommes arrêtés sur les salines de Lanzarote.

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Et juste avant d'arriver à Puerto Calero, nous n'avons pu nous empêcher de nous arrêter, pour laisser passer une famille de chameau. Avions-nous la berlue ? Après la dégustation du vin ? Que nous puissions voir, éventuellement des éléphants roses, cela pourrait se comprendre, mais des chameaux, sur la route, sur un rond point

C'était une sculpture. Bêtes que nous étions !

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Voilà, notre court séjour sur Lanzarote.

Demain vendredi, jour du poisson, aucun rapport me direz-vous, encore que, nous reprenons la mer, direction Gran Canaria et le port de Las Palmas, où nous attendrons, mon fiston Gwenaël, qui nous rejoindra le 7 décembre pour effectuer la transat avec nous. Après nous avoir confectionné des voiles toutes neuves, il pousse le SAV à venir les tester lui même. C'est y pas professionnel ça ! Si vous voulez des voiles, contactez-le. C'est un vrai pro, compétent et sérieux. Un peu de pub ne fait pas de mal, et on n'est jamais servi aussi bien que par soi-même, n'est-ce pas ?

Ne vous inquiétez pas, mon registre de proverbes à la c.., j'en ai plein ma besace. Le flot est loin d'être tari.

Enfin pour nous ce sera 6 heures de sommeil par nuit d'une seule traite. Bon pilote auto, bonnes voiles et sommeil de meilleure qualité : the top of the top !

La suite au prochain numéro

lundi 26 novembre 2018

Mohammedia/Lanzarote

Mohammedia/Lanzarote

Voilà, nous avons quand même fini par quitter Mohammedia. 5 jours coincés à plus de 40 euros par jour entre chalutiers et pétroliers, sous la pluie, avec une wifi aléatoire, des coupures d’électricité, et un réseau 4G inexistant, c’est bon, n’en jetez plus la coupe est pleine. Quelle déception ! Heureusement que nous avons revu quelques membres du yacht club avec qui nous avions sympathisé il y a 6 ans.

Deux pontons, les pêcheurs et la raffinerie. Les pétroliers à quai étaient partis la veille. DSC_7523.JPG DSC_7528.JPG DSC_7526.JPG

La capitainerie, les douches et toilettes. DSC_7534.JPG

Les jours précédents c’était vent, pluie et très forte houle, cet après-midi, mercredi, à l’heure du départ, c’est pétole et légère houle. Donc nous sommes partis pour une nuit au moteur. J’espère que jeudi ou vendredi nous toucherons quelques vents portants. Trois jours de moteur, ce serait quand même un peu frustrant.

Après un petit galop d’essai, d’une heure, à la voile nous avons dû remettre le moteur et ce jusqu’au lendemain 10 h. Pas de vent ou insuffisamment et dans le nez. Re-essai, ce jeudi matin, une heure à la voile et à nouveau brise Volvo jusqu’à 17h20. Là par contre nous avons eu du vent. J’avais anticipé et pris deux ris dans la GV. Bien m’en a pris car nous avons eu jusqu’à 23 nœuds au grand largue. C’était gérable au niveau du vent mais la mer était très creuse du fait de la forte houle croisée avec la mer du vent. Très, très, désagréable, d’autant que s’est ajoutée une forte pluie sous formes d’averses orageuses. Toute la journée, cela n’a été que successions d’averses.

Même les gros bateaux jouent à cache-cache, un coup je te vois, un coup je ne te vois plus. D’autant plus que ces navires de guerre n’ont pas d’AIS et donc pas visible sur le PC. Sauf à utiliser le radar, mais cet appareil est un autre gros consommateur d’énergie, donc utilisation à minima.

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Nous louons une fois encore le pilote automatique (Stanley n°2) qui même dans ces conditions remplit très bien son rôle. Ce soir pour les quarts il faudra prendre les vestes de réserve, les autres ainsi que les salopettes étant trempées et compte tenu de l’humidité ambiante, elles vont avoir quelques difficultés à sécher. C’est ça aussi la croisière à la voile, ce n’est pas toujours sea, sexe and sun. Mais je trouve que cette année, par rapport au même parcours il y a 6 ans, c’est beaucoup plus compliqué à gérer, plus aléatoire, au niveau de la météo. C’est un peu moins « two fingers in the nose ».

Jusqu’à maintenant, nos escales ne se sont pas offertes sans efforts, il a fallu aller les chercher, soit du fait de souci mécanique ou autre, soit en affrontant des conditions météo soutenues voire musclées mais néanmoins gérables.

Après 2 jours maussades et pluvieux, le soleil est revenu mais le vent reste irrégulier. Un coup il y en a et dans la bonne direction, un coup il y en a peu et de face. Donc alternance voile et moteur. Nous espérons arriver dimanche. Nous commençons à apercevoir les îles les plus au nord. Demain matin au réveil, vers 7 h nous ne devrions plus être trop loin, encore 3 ou 4 h. Changements_de_couleurs.JPG

Il sera temps, il n’y a plus de dessert, et le dernier paquet de chips se termine ce soir. Plus de grignotage nuitamment. Dur !

J’ai essayé d’améliorer l’ordinaire par une fructueuse pêche, que nenni ou nada comme vous voulez. Rien de rien. En bientôt 4 jours nous n’avons pas vu le moindre dauphin, baleine, pas le moindre poisson volant. Rien de rien.

Bien nous voilà à Lanzarote, à Puerto Calero. Nous sommes arrivés et amarrés au ponton d’accueil à 10h20. Nous avons navigué 91 heures, nous en avions prévu 96. 479 milles soit 887 kms à une moyenne de 5,26 nds. Pour notre voilier ce n’est pas si mal, par contre 69 h de moteur pour 91 h totales cela fait 75 % du trajet au moteur et 138 litres de gasoil. Quand même. Ok, nous ne l’avons pas payé au tarif français mais bon… Arrivee_a_Lanzarote.JPG Entree_de_la_marina_de_Puerto_Calero.JPG

Certes, nous avons un voilier et nous aurions pu naviguer qu’à la voile, mais nous serions encore en train de tirer des bords. C’est un choix, mais cette année nous sommes plus en mode convoyage qu’en mode touriste. D’ailleurs en annulant notre étape d’Agadir nous avons rattrapé notre retard par rapport à 2012, puisque nous sommes aux Canaries quasiment aux mêmes dates.

Il nous reste quelques bricoles à faire pour préparer la transat que nous pensons effectuer aux alentours du 10 décembre. En effet, il faut que je démonte le palier haut de la mèche de safran, c’est-à-dire l’axe du gouvernail, il y a un jeu latéral qui ne m’inspire pas confiance surtout dans l’optique de la transat et des 4 000 kms (à la louche). Comme, je pense, que nous n’aurons pas beaucoup de temps pour le tourisme, je vous invite à aller sur notre précédent blog, dont les liens sont ci-après et voir les photos prisent à l’époque sur Mohammedia et surtout sur Lanzarote, une île très particulière.

http://ontheroadagain.heoblog.com/index.php?post/2012/11/27/Lanzarote%2C-une-%C3%AEle-des-Canaries

http://ontheroadagain.heoblog.com/index.php?post/2012/11/10/on-the-road-again-bis

http://ontheroadagain.heoblog.com/index.php?post/2012/11/16/Mohammedia-bis

Finalement j'ai démonté le palier haut de la mèche de safran et le jeu était dû à une vis qui avait tendance à prendre la tangente, elle commençait à se dévisser. Plus de peur que de mal. Un resserrage avec un peu de pâte pour bloquer le pas de vis et je devrais être tranquille pour un bon moment. J'en ai profité pour graisser le tout et refaire les joints d'étanchéité.

Demain location de voiture, courses au supermarché et mercredi rando sur un volcan, plus quelques bricoles non urgentes. Voili voilou.

Portez vous bien et n'oubliez pas votre gilet (jaune, c'est la couleur up to date) ou votre bonnet (rouge, pour le plaisir). La suite au prochain numéro.

lundi 19 novembre 2018

Gibraltar/Rota/Mohammedia

Gibraltar/Rota/Mohammedia : un peu moins de 190 milles, à peu près 38 heures, voire moins si affinités.

Je profite d’un moment de calme pendant mon quart pour débuter cette nouvelle page du blog. L’escale de Rota ayant été très courte, je n’ai pas eu le temps de me consacrer à ontheroadagain2.

Donc commençons par le départ de Gibraltar. Comme prévu départ à 7 heures pour être à la sortie de la baie d’Algésiras vers 8h30. Il faut commencer à rentrer dans le détroit 3 heures après la marée haute pour bénéficier d’un courant porteur et essayer de combiner avec une rentrée de vent d’est. C’est ce que nous avons. Nous passons Tarifa avec près de 25 nœuds au portant, grand largue. Ça déménage pas mal. Sur la route de Trafalgar, un peu plus loin, nous sommes plein vent arrière, grande voile avec un ris et trinquette, voiles en ciseaux sous pilote automatique. Il barre mieux que moi. Génial.

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Donc tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Elle n’est pas belle la vie ? Nous nous apprêtons à entamer l’autre moitié du parcours vers la baie de Cadix quand un grand crack et boum nous fait sursauter. Le jour ayant bien diminué c’est à la lampe frontale que nous cherchons l’origine du bruit et là, stupeur, horreur, stupéfaction, la platine du hale-bas rigide s’est désolidarisée du pied de mât. 10 rivets pop de 6mm ont lâché.

Le hale-bas rigide, pour faire simple, est un ensemble de 2 tubes avec un ressort à l’intérieur, qui a pour fonction d’empêcher la bôme de remonter à la verticale quand le vent fait pression sur la grande voile et de réduire sa surface. Il est fixé en bas du mât par plusieurs rivets pop. J’avais déjà eu ce problème lors de la traversée vers la Martinique. Donc mes rivets n’avaient que 6 ans. A priori l’oxydation avait déjà fait son œuvre. A moins qu’il n’y ait eu une trop grande pression sur la voile entre Tarifa et Trafalgar. Après un laçage horizontal et vertical nous avons pu continuer à utiliser la GV jusqu’à Rota.

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Arrivé peu après 22 h, nous avons pris la première place de libre en entrant dans le port sachant que le lendemain on nous attribuerait une autre. Bien mal nous en a pris, c’était une place pour un 16 mètres et nous avons payé pour un 16 m, alors que le port est à moitié vide. Nous avons demandé à changer de place ceci nous a été accordé pour la nuit suivante, mais comme rien n’est simple cette année, un violent coup de vent s’est levé, certes il était prévu, mais manœuvrer pour changer de place avec 35 nœuds, c’est moyen. Nous sommes donc restés une partie de la journée à cette place en attendant une accalmie prévue en début de soirée.

Au départ nous avions prévu 15h40 de trajet, nous avons mis 15h05. Malgré la casse. C’est bien, non ? Dites quelque chose quoi ! Le principal c’est que nous soyons contents de nous.

Rota, nous connaissions puisque nous y avions fait escale par deux fois auparavant. Nous l’avons trouvé plus triste, avec des magasins fermés. D’ailleurs le shipchandler sur le port n’existant plus, il nous a fallu faire 3 heures de marche pour trouver des rivets pop au bon diamètre et à la bonne taille. Sportif, le papy ! C’est quand vous voulez pour une rando, maintenant que je marche droit.

C’est à 16 h que j’ai enfin pu finir la fixation de la platine de hale-bas juste à temps pour profiter d’une accalmie dans le vent pour déplacer le bateau d’un côté du port à un autre. Le temps de s’amarrer et le vent reprenait de plus belle. Ouf, en plus nous étions face au vent alors que précédemment c’était l’arrière qui faisait face au vent et nous obligeait à tout fermer. Nous pouvions dormir sereinement pour un départ le lendemain matin.

Pourquoi si vite, me direz-vous ? Deux raisons, Rota nous connaissons et comme je l’ai dit précédemment c’est tristounet, les pontons sont vides et il n’y a plus de navigateurs. Ils sont déjà partis aux Canaries, d’autre part les conditions météo qui s’annoncent sont particulièrement mouvementées, et nous risquerions de rester coincé à Rota une semaine. Peu nous chaut.

Donc départ de Rota vers 7h. Un ami, avec qui nous avons partagé la joie d’apporter à des post-adolescents ou des pré-adultes, un public qui consomment la culture par la méthode du zapping, nos maigres connaissances en management ou en gestion, et ce n’est pas une sinécure, par moments c’est presque un sacerdoce, bref, cet ami, m’a dit de me méfier en sortant de Rota car il y a une base américaine. Je le soupçonne d’avoir encore des accointances dans le milieu militaire. En effet, en sortant du port nous avons croisé un bâtiment de l’US Navy, genre aviso, puis plus tard un sous-marin.

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Étions-nous surveillés ? Big Brother is behind us.

Nous feignons bien sur l’indifférence et continuons notre route, jusqu’à rencontrer une énorme bouée orange en plein milieu de la mer. Déjà depuis quelques temps j’entendais des boum, boum, lointains, un peu genre tonnerre, mais le temps était clair. Puis à la vhf un message de sécurité de la part d’un US war ship, sur la zone à éviter pour des raisons de sécurité pour exercices de tir. La bouée était donc là pour signaler la zone à ne pas franchir.

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Nous ne l’avions pas fait, heureusement. Nous aurions pu être pris pour cible, avec les ricains il faut s’attendre à tout. Ils tirent d’abord et discutent ensuite, s’il reste un interlocuteur, bien évidemment. Je plaisante, hein, bien sûr ! Oh, oh, sur la toile, c’est une plaisanterie, it’s a joke. On ne sait jamais s’ils lisaient le blog…

Il nous a fallu près de 10 heures pour atteindre les côtes marocaines. Quasiment tout à la voile, sauf pour traverser le rail où nous avons dû slalomer un peu entre les divers cargos et pétroliers qui faisaient route sur nous à trois fois notre vitesse.

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La nuit a été particulièrement agitée. Là où les fichiers météo annonçaient 10 nœuds de vent, nous en avons eu plus de 20, au près. Mon quart de 4 heures s’est passé l’écoute de grand-voile dans la main à contrôler les rafales de vent. Une fois encore il faut se méfier et anticiper les informations même si elles proviennent de diverses sources. Par contre, vers 2 h du matin, pétole comme prévu, donc brise Volvo et une belle houle d’atlantique sans vague. Il nous faut adopter une adaptation permanente.

Arrivé à Mohammedia à 22h15, encore une arrivée de nuit, nous nous amarrons provisoirement pour la nuit, non sans être accueilli par la police pour les formalités d’entrée et par le service du port qui nous annoncent les tarifs. Oups ! Ça pique. Il y a une guéguerre entre le yacht club et le port, donc chacun y va de sa tarification. Pour le port : moins de 10 m et plus de 10 m. Pour le yacht club : la surface, longueur multipliée par largeur. Résultat plus de 40 euros, 434 dirhams par nuit. Plus cher qu’au Real Club Nautico de Palma, avec une wifi de m…e, un réseau électrique qui s’est coupé toute une nuit et pas de réseau 4G non plus.

Donc pour prendre la météo il faut aller en ville dans un bar. Mohammedia c’est fini, et je vais le crier sur tous les forums où je suis inscrit.

En outre, et là ils y sont pour rien, les conditions météo sont particulièrement mauvaises, vent, pluie et surtout une très forte houle, 5 à 6 m, empêchant la sortie du port. Nous espérons une accalmie mardi. Reste à voir l’évolution pour décider du cap à suivre, vers Agadir ou directement Lanzarote aux Canaries.

Nous avons passé hier une agréable soirée avec 4 polonais qui convoient un catamaran de 44 pieds vers Granada aux Antilles. Ils doivent y être pour le 15 décembre ! Ils iront plus vite que nous, c'est sûr. Nous avons eu une pensée pour notre ami Roger, eh oui, car on a dégusté un gâteau aux carottes, délicieux ! Remarquez, c'est vraiment un gâteau international !

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La suite au prochain numéro.

dimanche 11 novembre 2018

Gibraltar

Gibraltar

La marina de La Linéa, est relativement déserte et de notre emplacement nous avons une belle vue sur le Rocher.

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Aujourd’hui dimanche 11 novembre, après quelques travaux sur l'étai de trinquette, réglage de la tension de l'étai et de la drisse par une montée au mât de l'alpiniste, cuisinière, barreuse et second du bord (Il faut un capitaine, et c'est moi, point barre, non mais !), nous avons honoré l’armistice à notre façon en allant déjeuner chez notre ennemi héréditaire mais néanmoins notre allié. Un Breton et une Québécoise en terre hostile, mais doté des meilleures intentions. C’est compliqué la politique.

En effet nous sommes allés sur le rocher de Gibraltar manger un fish and chips et boire une pinte de Guinness, dans un vrai pub anglais, comme à Londres, avec plein de vétérans ayant participé aux cérémonies du 11 novembre sur le rocher. En outre ce pub s’appelle Nelson, du nom de l’amiral nous ayant battu à Trafalgar. On ne pouvait faire mieux pour montrer notre solidarité et contribution pour la paix des braves.

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Nous avons été surpris du changement de certaines parties de cette enclave britannique. Il y a 6 ans certains bâtiments n’existaient pas, comme cet immense hôtel-casino construit à partir d’un paquebot solidement amarré au quai. Ocean village avec sa marina est une création originale à défaut d’être très esthétique, comme toutes les constructions à Gibraltar, qui comme Monaco fait pousser des terres sur l’eau.

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La piste d’atterrissage qui coupe le Rocher de l’Espagne est toujours bien présente et c’est toujours surprenant de traverser une piste d’aviation pour rejoindre la ville. D’autant qu’entre la RAF et les avions civils il y a quand même un certain trafic.

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Pour le reste, ayant déjà visité le rocher, les fortifications et vu les singes nous avons flâné dans les rues. Bonne marche de 4 heures. Si certains doutent du caractère so british de Gibraltar, la cabine téléphonique finira de les persuader de l'attachement à la mère patrie.

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Demain courses au supermarché, préparatifs sur le bateau, étude de la météo, des courants et de la marée. Si tout est ok nous devrions reprendre la mer mardi pour Rota, dans la baie de Cadix, voir si la belle a toujours ses yeux de velours. C’était facile, tout au moins pour les amateurs d’opérette, que je ne suis pas, rassurez-vous. Only rock. Après avoir visiter le Rocher c’est normal.

Voilà, derniers préparatifs pour le départ vers Rota, à l'entrée de la baie de Cadix, en Atlantique. Nous en avons profité pour coller les lettres du bateau à la proue. Travail que nous devions faire il y a déjà un bon moment, mais d'autres tâches, plus importantes nous incombaient.

Voilà, maintenant Gwenn Ha Du est reconnaissable par devant.

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A bientôt.

samedi 10 novembre 2018

Almérimar Gibraltar

Good evening every body. I speak english because I arrived at Gibraltar, English land, isn’t it !

Parti d’Almerimar mercredi vers 10h30 nous comptions mettre 26/28 heures pour rejoindre le Rocher. Tous les bulletins météo, Lamma Rete, Xygrib, Météo Marine Espagne, avaient la même analyse, du vent de face, faible en début de journée et quasiment pétole en fin et la nuit.

ET, BEN NON ?

Petit QCM : après Zig qu’y a-t-il ? Entourer la ou les bonnes réponses. 1) Gaz 2) Zag 3) Grrr

Vous avez dû cocher, Zag et Grrr. C’est bien, vous pouvez revenir en deuxième semaine.

Zag : parce que nous en avons fait quelques-uns de Zig et de Zag avec un vent dans le nez entre 20 et 23 nds constants pendant près de 10 h. Nous avons tiré des bords. A ne pas confondre avec bordée qui dans l’expression « partir en bordée », signifie partir en bringue, faire les bars et revenir pochtron, en zig-zag. Le résultat est le même, je vous l’accorde, sauf que nous, en mer, sur l’eau, nous sommes à l’eau.

Grrr : parce que pendant 10 heures nous n’avons quasiment pas avancé en ligne droite par rapport à notre plan de route et que les prévisions météo, même si certaines donnent l’évolution heure par heure, ont leurs fiabilités qui peuvent être aléatoires.

Le départ d'Almérimar avec les montagnes enneigées était pourtant sympa!

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Enfin en début de nuit le vent a un peu baissé, 12/14 nds, toujours dans le nez, donc brise Volvo pour essayer de reprendre un peu de temps sur le parcours. La mer s’étant un peu calmée pour, au petit matin, devenir plate, comme vous pourrez le constater sur les photos si artistiquement prises par un des photographes du bord.

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Et quand je dis calme, c'est calme.

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Je reprends le récit ce vendredi matin en quittant Fuengirola entre Malaga et Marbella. Hé oui ! Nous n’avons pas pu arriver à Gibraltar.

Le paragraphe précédent parlait d’une mer plate sur laquelle nous avions pu déjeuner au balcon avec vue sur mer. Trop top ! Mais la mer a ses humeurs et elle ne prévient pas toujours. Même si nous avions anticipé un renforcement du vent pour la soirée, nous avons été surpris de la soudaineté et la force. Alors que les bulletins météo annonçaient un maximum de 16 nds nous avons eu au moins 30 nds dans le nez, en 10 minutes, et nous avons dû partir sous un ris et trinquette au grand largue avec 25 nds dans le « cul ». Nous filions entre 8 et 9 nds.

Dans ces conditions impossible de remonter au vent et d’approcher des ports plus proches de Gibraltar, nous avons donc filé droit sur Fuengirola qui était pile poil sur notre bord, mais à 30 milles plus au nord. Nous reculions par rapport à notre objectif ! C’est ainsi.

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Donc, ce matin départ en longeant la côte andalouse pour que si ce phénomène survient à nouveau, nous soyons rapidement à l’abri dans un port, et puis nous éviterons aussi le courant rentrant du détroit, car hier, notre speedomètre indiquait 5 nds de moyenne alors que le GPS 3 voire 2,5. Le courant faisait tourner plus vite l’hélice du speedo. La vitesse surface était plus rapide que la vitesse fond. Entre les zigs et les zags, le courant réduisant l’allure et le coup de vent, cette liaison Almérimar/Gibraltar, qui semblait sur le papier une formalité de 24 à 26 heures, s’est transformée en navigation pure et dure. Comme quoi, rien n’est jamais figé et la nature nous impose sa loi. C’est joliment dit ça, non ? Hein ?

Je reprendrais l’écriture en arrivant à Gibraltar. Nous qui avions une envie de fish and chips, il va nous falloir patienter encore. Par ailleurs je m’en fiche parce que j’ai fait le plein de chips et de Guinness. Donc …

Et voilà, nous sommes enfin arrivés à 21h30 à La Linéa, la marina espagnole à côté de Gibraltar. Parti de Fuengirola à 10 h30 nous avons donc mis 11 heures pour effectuer 54 milles soit près de 5 nds de moyenne. La première partie du trajet a été effectuée au moteur, en ligne droite sur Estepona, vent de face, 10 nds. A partir d’Estepona, le vent est passé au travers à plus de 24nds. Sous GV avec un ris et la trinquette nous avancions entre 7 et 8 nds au près bon plein. Jamais le bateau n’avait connu une telle vitesse à cette allure. Les milles ont, en ce moment-là, vite défilé, et en direction de la pointe de Gibraltar.

Brigitte à la barre, 24 nds au près bon plein et 20° de gîte, sereine. Même pas peur.

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La navigation de nuit dans le golfe nous a obligé à remettre le moteur et à slalomer entre les divers bateaux commerciaux, cargos, porte containers, pétroliers qui mouillent dans la baie, ou circulent à vitesse réduite. Un beau capharnaüm, et nous au milieu à s’écarquiller les yeux pour voir qui fait route ou pas. L’AIS est, compte tenu du nombre de bateau qui émettent, quasiment inexploitable.

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Maintenant, un ou deux jours à la marina pour bien étudier le passage du détroit en étudiant la météo, la renverse du vent, il nous faut du vent est, ou nord-est, et la marée. Il faut combiner une marée descendante, vers l’atlantique avec un vent d’est dans le dos. Et là c’est royale pour aller sur Rota prochaine étape.

La suite au prochain numéro. D’ici là, portez-vous bien.

dimanche 04 novembre 2018

Palma - Almérimar

Le temps perdu se rattrape t-il ??

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mercredi 31 octobre 2018

Départ de Palma de Majorque

Ola, Ola, chers amis,

Quelques news de Palma de Majorque. Eh, oui, nous y sommes toujours dans les travaux, qui ont pris plus de temps que prévu, le fiston est très pro et veut que son papa ait le bateau préparé au mieux pour ne plus à y revenir avant 10 ans. Donc tout le haubanage a été changé : haubans, bas-haubans, étai, pataras, ridoirs, axes et goupilles. Les filières aussi ont été changées, elles étaient d’origine, plus de vingt ans. Là-dessus nous allons pouvoir y hisser des voiles neuves qui seront étarquées avec des drisses toutes neuves ainsi que les écoutes. Donc sur le pont tout sera ok.

C’est sûr, c’est encore une grosse dépense pour la préparation, mais, normalement c’est la dernière et nous n’aurons plus à y revenir. Tant mieux car les budgets ne sont pas extensibles et ma retraite encore moins. Mais on ne peut pas tout avoir, n’est-ce pas ?

Nous devrions repartir demain matin, si la météo le permet, car aujourd’hui il y a un BMS (Bulletin Météo Spécial) avec fortes rafales, creux importants et violents orages. D’ailleurs, je bricole pour fixer les filets de filières entre deux averses. La température a bien baissé et nous avons dû acheter un petit chauffage d’appoint pour chauffer et déshumidifier le bateau et sécher les polaires humides de nos sorties sous la pluie…

Je termine ce billet à la place de Jean-Luc qui est allé se coucher après une journée non-stop pour finir avec Gwenaël les derniers préparatifs. Nous vous mettrons des photos des voiles plus tard. Il avait peut-être aussi d'autres choses à vous dire.

Nous partons demain matin vers 6 heures pour Dénia au nord d’Alicante et si nous pouvons, nous continuerons sur Carthagène voir Almérimar.

A bientôt !

dimanche 14 octobre 2018

Palamos/Palma 35 h de navigation en théorie

Ola, terriens!

Les conditions météo s'étant améliorées nous avons décidé de reprendre la mer en direction de Palma de Majorque, départ 6 heures du matin.

Nous avons décidé, pour éviter un reste de vent d'Est, de longer la côte jusqu'à Barcelone puis de tirer tout droit sur Palma. Jusqu'à Barcelone moteur car vent dans le nez mais faible, 4 nœuds. A partir de Barcelone le vent à pris une direction sud est à 18/20 nœuds, un près serré nous obligeant à abandonner le moteur au profit des voiles. GV haute et génois à moitié. il était aux environs de 16 heures et nous avions déjà 1 heure 30 de retard sur notre route théorique planifiée.

Bien évidemment la navigation sous voile a pour conséquence de modifier quelque peu notre plan de route initial. Alors que nous visions préalablement, après Barcelone, vous suivez toujours ? la baie de Palma, nous avons mis le cap sur le nord est de l'île de Majorque, le cap Fromentor.

Après quelques 5 heures de navigation vélique, donc vers 21 h, si vous suivez toujours, j'en vois qui s'endorment au fond ! nous avons dû remettre le moteur, Éole nous ayant abandonné et, à partir de là, nous avons alterné moteur, panne, voile où nous naviguions à une vitesse qui ferait rire les escargots "de mer", moins d'un nœud. Après 2 démontages, nettoyage du circuit gasoil, purge et redémarrage, nous avons pu remettre le moteur vers 4 heures du matin, le vendredi pour l'arrêter le samedi à 3 heures du matin.

Et, vous vous demandez, que s'est il passé pour avoir ces pannes à répétition ? Et vous auriez raison de vous poser la question. Je ne peux qu'accéder à cette curiosité bien saine. Par deux fois, donc, le circuit gasoil s'est trouvé obstrué à la sortie du réservoir et du pré-filtre, par une boue, visqueuse et malodorante due à la présence de bactéries qui se développent dans les réservoirs, du fait de la présence d'eau lors du remplissage et surtout avec la condensation occasionnée par le retour du carburant non brûlé mais plus chaud, dans le réservoir. En effet le type de moteur diesel, monté sur le bateau, est des plus classiques. Le carburant est "chauffé" pour atteindre sa capacité d'explosion uniquement par compression, c'est à dire qu'il n'y a pas de bougies de préchauffage comme pour les diesels automobiles, et le surplus non "consommé" pas les injecteurs, repart par un circuit secondaire dans le réservoir.

Les puristes mécaniques pousseront sûrement des cris d'orfraies devant une telle explication que j'admets, volontiers, très peu académique, voire succincte mais qui s'adresse, en priorité à des béotiens en matière de moteur à explosion.

Donc nous avons mis 46 heures pour rejoindre notre destination au lieu de 35 heures. Vous aurez, bien évidemment, calculé par vous même la différence. Je vous donne quand même la solution, déformation professionnelle, soit 11 heures de plus. Quand on aime on ne compte pas, n'est-ce pas ?

D'aucuns nous ont déjà demandé si on s'ennuyait en navigation. Si c'était le cas, nous aurions assurément changé de mode de locomotion, car entre la surveillance du cap à suivre, de la direction du vent, de sa force il nous faut en permanence être capable de réactivité, ce qui oblige à une veille permanente.

D'autre part, le trafic en mer n'est pas toujours ce qu'on pourrait croire, il y a du monde sur l'eau, des petits bateaux sans signalement particulier que leurs petits feux de navigation la nuit, à peine visibles ; des gros, bien visibles eux, aussi bien sur l'AIS (cf: notre premier blog) que visuellement, mais qui naviguent 4 à 5 fois plus vite que nous et qui nous obligent à parfois slalomer pour nous écarter de leur route. En effet en mer comme sur la route, les gros font la loi et se mettre en travers, même si on a la priorité, c'est prendre des risques donc on s'efface !

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Mais, parfois, c'est l'exception qui confirme la règle, nous avons un gros qui décide de changer quelque peu son cap, afin d'éviter un risque de collision. Cela nous est arrivé en début de nuit de vendredi à samedi où un cargo a légèrement dévié de sa route pour nous passer par l'arrière, c'est suffisamment rare pour que je le signale ici et l'en remercie.

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Pour finir avec les occupations à bord, il reste bien sur le bricolage, un faux contact ici, un dévissage là, des indicateurs de charge de batteries fantaisistes, un frigo qui se met en défaut et j'en passe. Et quand il reste du temps de libre, la lecture, les mots fléchés et la pêche, la vraie cette fois-ci, tout au moins dans sa tentative car pour le résultat il vaut mieux compter sur les conserves de sardines ou de maquereaux. Serions-nous plus doués pour le ramassage des sacs plastiques que pour la pêche à la traîne ? Je laisse cette question à votre sagacité, mais ne soyez pas mesquin, hein! J'en vois déjà qui se tape sur le ventre !

Nous sommes donc sur Palma pour au moins une semaine avec à la clé pas mal de travaux pour finaliser et fiabiliser le bateau pour la future grande traversée, notamment changement des voiles, un nouveau génois, une nouvelle GV et un code zéro, plus le changement du gréement, la fixation de la chaise d'arbre pour le moteur hors bord et tout ce que je n'ai pas vu mais que mon fiston a déjà remarqué. L’œil du professionnel, ça compte.

Rendez-vous au prochain numéro, et d'ici là, portez-vous bien, à terre.

lundi 08 octobre 2018

Une pêche "miraculeuse"

Ola braves gens, vous qui nous suivez, nous serions sur Twitter nous vous appellerions : nos chers followers. Voici les dernières news de Palamos.

Le mécanicien est venu ce matin, il a constaté que l'arbre d'hélice ne tournait plus, totalement bloqué, ce qui, après essai, arrêtait le moteur. Après avoir démonté le tourteau, pas le crabe, hein! mais les deux brides permettant la connexion de l'inverseur avec l'arbre d'hélice, il a constaté que l'inverseur était libre de fonctionnement.

inverseur_et_tourteau.jpg

Donc, et ouf dans un premier temps, pas de panne sur l'inverseur ni sur le moteur. Nous avions déjà économisé quelques euros, quelques centaines d'euros pour être précis.

Une fois tout remonté, il restait à sortir le bateau pour vérifier l'arbre d'hélice et l'hélice. Après remorquage, grutage, et là nous avons eu la surprise de constater que nous avions pris un énorme sac en fibre synthétique et que les fibres s'étaient serrées sur l'hélice, autour de l'arbre et surtout autour du coupe orin et de l'espace entre lui et la chaise d'arbre. Une demi-heure à deux pour faire place nette.

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Le mécanicien a ensuite vérifié si tout était OK. Plus de peur que de mal.

J'aurai certes dû plonger pour vérifier si nous n'avions pas pris quelques choses dans l'hélice, mais si loin des côtes et avec un arrêt brutal du moteur sans aucun à-coup préalable et un bruit, aux dires de Brigitte qui était de quart, au niveau du moteur, à l'intérieur du carré, j'ai pensé plutôt à un problème d'inverseur.

Des bouts, j'en ai déjà pris et il y a toujours un moment où le moteur se met à bégayer, sauf cette fois-ci. Mais j'ai bien appris ma leçon. La prochaine fois, je vérifierai la rotation de l'hélice, si absence de rotation je desserrerai le tourteau et si tout va bien, je plongerai, le couteau entre les dents.

Donc, nouveau départ, à priori jeudi car la météo n'est pas très sympathique dans les deux jours à venir.

A plus

samedi 06 octobre 2018

1ère escale, 1ère panne

Bonjour à tous,

Les préparatifs nous ayant pris un certain temps voire un temps certain et la météo avec un BMS (Bulletin Météo Spécial), nous n'avons eu guère de temps à consacrer au blog.

Nous sommes donc bien parti jeudi peu après midi par un temps des demoiselles, donc au moteur, puis du vent 15/18 nœuds, au portant. Vers 22h45 le vent est tombé à 3/4 nœuds et nous avons remis le moteur, jusqu'à 7h15 vendredi matin, heure fatidique à laquelle l'inverseur, en quelque sorte la boîte de vitesse, nous a lâché, traîtreusement.

Jusqu'aux environs de 14 h, nous avons essayé de naviguer sous spi, avec 2/3 nds au portant c'est au mieux 1 mille à l'heure et nous étions à plus de 40 milles de Palamos, de sinistre mémoire. C'est en effet dans ce port que nous avions été remorqué après la rupture des drosses de barre dans la tempête, que nous avions essuyée au large du cap Creus.

Donc 6 ans après, bis repetita, arrêt forcé à Palamos, après un remorquage par un voilier pendant près de 10 heures. Un grand merci à ces deux convoyeurs qui voyant sur l'AIS un voilier quasiment à l'arrêt en pleine mer, ont eu la présence d'esprit de se diriger vers notre position, de nous remorquer jusqu'à Palamos, de nous aider à amarrer à 00h30 et de repartir illico sur Barcelonne où ils devaient livrer un Océanis 51, flambant neuf. En_remorquage.JPG

On ne louera jamais assez la solidarité en mer. Sans eux nous serions surement arrivés mais au bout de deux ou trois jours de mer, car pour l'instant Mister Zéphyr est aux abonnés absents.

Par contre, ceux qui nous ont suivis il y a 6 ans, ont reconnu la patte de Murphy, vous savez la théorie des ennuis maximum, je reste poli. Pourtant nous pensions avoir conjurer le sort en l'encadrant de deux gardes du corps. En vain, semble t'il ! D'autant plus que se sont ajoutés des problèmes de connexions satellitaires avec le téléphone Iridium, un faux contact de VHF, au mauvais moment, bien sûr. Bref, rien de nouveau dans le monde de la plaisance. Murphy_et_ses_gardiens.JPG

On dit qu'il y a deux moments privilégiés dans la vie d'un plaisancier, le moment où il achète son bateau et celui auquel il le revend. Entre ces deux moments, la plaisance à la voile est le moyen le plus lent et le plus incertain pour aller d'un pont A à un point B.

Par ailleurs nous l'avons choisi, donc nous n'allons pas nous plaindre. Mais quand même, c'est "chiant".

D'autre part, certains superstitieux nous ont dit que nous avions procédé à un changement de nom du bateau sans avoir respecter la procédure de couper par trois fois le sillage, pour tuer la queue du serpent qui habiterait l'âme du bateau. De toutes façons il est maintenant trop tard.

Donc nous attendons lundi pour voir un mécanicien, en espérant que la panne ne soit pas trop grave et nous oblige à une escale plus longue. Je ne connais pas suffisamment la technologie de l'inverseur pour y mettre les doigts.

Voilà pour les dernières news, la suite au prochain numéro. Le moral est néanmoins toujours présent. Pas d'inquiétude de ce côté là.

jeudi 09 août 2018

Présentation

Bonjour à tous,

Ce premier billet n'est qu'un premier pas pour relater nos futurs déplacements avec notre voilier à destination de la Martinique, notre prochain département de domiciliation. Pour les curieux ou les nostalgiques je vous communique l'adresse de notre précédent blog, créé lors de notre année sabbatique, en 2012/2013: http://ontheroadagain.heoblog.com

Le bateau est le même puisque nous n'avons pas réussi à le vendre. C'est un Dufour 36 issu du Dufour 4800, mis à l'eau en 1996. Il mesure 10.65 m sur 3.40 m de large avec un tirant d'eau de 1.65 m.

Nous aurions aimé faire l'acquisition d'un 40 pieds (12 m) avec cockpit central, mais il aurait fallut brader notre vaillant GWENN HA DU et compte tenu de tout ce que nous avions réalisé comme améliorations pour cette année sabbatique nous avons juger qu'il n'était pas convenable de baisser le prix.

Donc revoilà notre Dufour 36 avec de nouvelles améliorations, encore et toujours. Tous les milles parcourus nous en apprennent toujours et nous poussent à apporter des changements que nous espérons positifs.

Nous repartons, donc, avec deux panneaux solaires (semi souples) supplémentaires de 100 watts chacun, ce qui porte notre capacité de production à 350 watts. Nous sommes également passés de 330 Ah en batteries de servitude à 520 Ah, et pour le moteur et le guindeau électrique de 150 Ah à 220 Ah. En cas d'absence de soleil, nous avons monté une éolienne qui devrait, avec du vent, nous permettre de limiter la consommation, surtout au mouillage.

Pour palier aux désagréments rencontrés lors de notre boucle atlantique, ceux qui nous ont suivis le savent bien, nous avons changé notre pilote automatique par un système hydraulique et électronique conçu pour un bateau de taille et de poids supérieur au notre. Cela devrait nous éviter de barrer 24h/24 et 7j/7j.

Nous avons monté un étai de trinquette (voile d'avant de 16 m2) sur emmagasineur au lieu de l'étai largable. Certes cela a un coût mais ne nécessite plus d'aller faire l'acrobate à l'avant du bateau, surtout que le temps est en général dégradé ou en voie de dégradation lorsqu'on passe sous trinquette. Nous allons aussi bénéficier de deux voiles neuves (GV et génois) réalisées par mon fiston Gwénaël, que nous récupérerons lors de notre passage à Palma de Majorque.

Pour transporter et stocker l'annexe nous avons posé deux bossoirs sous le portique. Nous avons refait les deux hublots de pont qui, avec le temps, étaient faïencés donc fragilisés et ne nous permettaient pas de bien voir l'extérieur. Et puis un peu de rangement ici ou là, du nettoyage, beaucoup, du bricolage et de l'entretien surtout

Nous pensons être prêts pour fin septembre et dès le début du mois nous devrions vivre sur le bateau afin de trouver nos marques le jour du départ. Nous voulons éviter l'inorganisation et la précipitation du départ de 2012. .

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