Bonjour à tous,

Tout d’abord, nos meilleurs vœux pour 2020, même si pour la plupart d’entre vous nous vous les avons adressés directement. Un bis repetita ne peut pas faire de mal.

Cela faisait un petit moment que je n’avais opéré sur ce blog. Les travaux de la maison avaient absorbé la majeure partie de mon temps et de mon énergie.

Arrivé en Martinique le 1er décembre, la préparation du bateau pour pouvoir naviguer en confort et sécurité a été également chronophage. J’ai enfin quelques répits pour m’atteler à apporter des nouvelles ensoleillées qui vous feront peut-être mieux supporter les frimas de l’hiver de la métropole.

Parti avec 30 cm de neige et arrivé avec près de 30 degrés c’est une expérience particulière et à tout le moins curieuse. D’autant qu’en 40 ans, passés dans le sud, je n’ai vu que deux fois la neige et avec en tout et pour tout 10 cm maximum, qui ne permettait pas de confectionner un tel bonhomme de neige. Plaisir enfantin, je vous l’accorde mais bien sympa. Mon_bonhomme_de_neige__.JPG Tout comme l’apéro, au rhum de Trois-Rivières, devant le poêle. Première flambée québécoise. Notre_premiere_flambee__.JPG Déjà, les pâtisseries dans un supermarché nous faisaient un clin d’œil, nous incitant à porter notre regard vers d’autres horizons... L_ile_bleue_d_IGA.jpg

Et il y a toujours quelque chose à voir ou à faire que nous n’avions pas réalisé encore.

La remise en état de naviguer du bateau, du fait de sa préparation pour la période cyclonique, bien qu’importante en terme de bricolage, nettoyage, nous a laissé quand même quelques loisirs que nous avons mis à profit pour effectuer une superbe randonnée de plus de trois heures sur la presqu’île de la Caravelle où nous passons de la forêt humide à une zone sèche balayée par les vents de l’atlantique et pour finir par la mangrove et ses palétuviers. Phare_de_la_Caravelle_-_1861.JPG Presqu_ile_de_la_Caravelle.jpg Presqu_ile_de_la_Caravelle1.JPG Presqu_ile_de_la_Caravelle2.JPG Presqu_ile_de_la_Caravelle3.JPG Presqu_ile_de_la_Caravelle4.JPG Presqu_ile_de_la_Caravelle5.JPG

Décembre est un mois important à titre personnel puisque c’est mon anniversaire, le 12 et celui de Brigitte le 28. Donc, charité bien ordonnée… ce jour-là nous nous sommes payés un petit restaurant bien sympathique avec un menu langouste histoire de comparer celui que nous avions dégusté deux semaines plus tôt. Je vous avouerai qu’il nous faudra sûrement en refaire un troisième pour vraiment avoir tous les éléments objectifs de comparaison. Certes le homard canadien n’est pas mal, mais une langouste grillée au barbecue, cela a un petit goût de « trop peu ». Bon ne soyez pas jaloux bientôt vous allez vous régaler avec les oursins et autres violets, sans parler des huitres et moules de Carteau. menu_langouste_a_la_case_coco1.jpg Menu_langouste_a_Zanzibar.JPG

Déjà, la Noël. Vingt-cinq jours de passé. Le temps vous dis-je ! La préparation du réveillon bat son plein et comme d’habitude, Brigitte aux fourneaux a préparé SA bûche de Noël hors des canons habituels. Disons, qu’elle a été customisée exotique. Mais la qualité gustative était quand même présente et c’est bien là le principal, n’est-ce pas ? Buche_et_biscuits_de_Noel_2019.JPG

Le réveillon s’est passé sur un bateau voisin, à 3 mètres, donc pas de problème de conduite automobile avec alcooltest. Néanmoins, l’escalade de la passerelle a nécessité une certaine préparation permettant de juger de l’équilibre restant. Le test a été concluant.

Le temps de digérer le repas de Noël, nous prenions la mer. Direction la Guadeloupe en quatre étapes. Petite virée tranquille. Quatre heures de navigation pour mouiller aux anses d’Arlet. Petite baie sympathique pour notre première étape. Anse_d_Arlets-Martinique.JPG Anse_d_Arlets-Martinique1.JPG

Le lendemain, direction Saint Pierre, la ville détruite par le volcan, la Montagne Pelée, en 1902. Trente mille morts. Mouillage un peu plus encombré et de fait rapports plus tendus avec d’autres bateaux, des américains, au hasard, qui désiraient se retrouver entre eux et rien qu’entre eux, pour le réveillon du nouvel an. Qu’à cela ne tienne, nous avons levé l’ancre et nous sommes allés mouiller plus loin avec, néanmoins la pensée, mesquine, qu’au moins nous n’aurons pas à souhaiter la bonne année à ces c... demain matin. La_montagne_Pelee-St_Pierre-Martinique.JPG St_Pierre-Martinique.JPG St_Pierre-Martinique1.JPG

Réveillon intimiste mais néanmoins épicurien. reveillon_breton_du_nouvel_an.jpg

Le lendemain matin frais comme des gardons direction Portsmouth, en Dominique. Grosse journée de navigation. Parti un peu tard, nous mettrons plus de 10 heures pour arriver dans la baie et nous chercherons notre mouillage dans la nuit. C’est la première fois que cela nous arrive et il nous a fallu bien écarquiller les yeux pour repérer les bateaux déjà sur ancre dans la nuit noire et qui n’éclairent pas tous leurs feux. C’est assez stressant. Portsmouth-La_Dominique2.JPG Portsmouth-La_Dominique1.JPG

La quatrième étape, de quatre heures de navigation, nous a vu arriver aux Saintes, plus précisément, au mouillage du Pain de Sucre, mouillage que nous avions pratiqué il y a 7 ans mais qui, à notre surprise n’autorisait plus de jeter l’ancre mais oblige de s’amarrer à une bouée, moyennant onze euros. Avantage, cependant, pas de risque que l’ancre dérape et donc nuit de sommeil reposante et complète. Le_Pain_de_Sucre-Les_Saintes-Guadeloupe.JPG Le_Royal_Clipper_aux_Saintes.JPG

Le lendemain direction Pointe à Pitre. Vingt-trois milles, soit 40 kilomètres, environ quatre heures de navigation en théorie. C’était sans compter sur un vent bien soutenu, plus de 20 nœuds, dans le nez, avec une mer bien agitée. Résultat : nous avons dû tirer des bords pendant huit heures, contre vent, mer et courant, pour arriver à la marina de nuit. Une fois encore.

La destination de la Guadeloupe était prévue pour venir voir des cousins qui venaient passer un séjour. Mais comme rien n’est simple dans la vie, nous avons pu effectivement voir mes cousins deux jours avant qu’ils retournent en urgence en métropole, mon cousin Christian ayant perdu sa mère. Les_cousins_bretons.JPG

De plus, mais dans un autre domaine, nous avons dû changer notre parc de batteries de servitude suite à une grosse bêtise effectuée plusieurs jours avant le départ. Dans la préparation du bateau et la vérification, notamment de nos appareils de charge et de stockage d’énergie, par la suite d’une erreur de transmission de flacon, j’ai mis de l’acide chlorhydrique en lieu et place d’eau distillée ! Cette erreur a bien failli nous intoxiquer et malgré un nettoyage des deux batteries incriminées, celles-ci ont été détériorées irrémédiablement nous obligeant à changer les quatre batteries. Les précédentes avaient moins de deux ans. Belle opération financière pour ce début d’année !

Quelqu’un m’a dit que dans plaisance il y avait plaisir et finance ! Il ne s’est pas trompé.

Notre séjour était prévu pour une semaine, mais comme en mer rien n’est jamais totalement arrêté, la météo, que nous avions vue quelque peu agitée en arrivant à Pointe à Pitre, s’est très sérieusement dégradée et nous a obligé à prolonger notre séjour à la marina d’une semaine supplémentaire. Il faut dire que 30 à 40 nœuds de vent et des creux de plus de quatre mètres, notamment entre les îles, calment les ardeurs de petits plaisanciers comme nous. Il restera toujours des téméraires ou des inconscients ou des vrais navigateurs peut-être !

Nous avons profité de cette prolongation pour visiter là aussi des endroits que nous n’avions pu voir lors de notre précédente escale, il y a sept ans, notamment le jardin exotique, dit de Coluche à Deshaies. Très joli, très différent de celui de Balata en Martinique. La seule petite déception vient du fait que tôt dans la saison beaucoup trop d’arbres, d’arbustes et de fleurs n’étaient pas en période de floraison et donc il manquait beaucoup de couleurs.

Le_jardin_de_Coluche_-_Deshaies_Guadeloupe4.JPG Le_jardin_de_Coluche_-_Deshaies3.JPG Le_jardin_de_Coluche_-_Deshaies_Guadeloupe5.JPG Le_jardin_de_Coluche4.JPG Le_jardin_de_Coluche_-_Deshaies14.jpg Roger_le_perroquet1.jpg Le_jardin_de_Coluche_-_Deshaies15.jpg Le_jardin_de_Coluche12.jpg Le_jardin_de_Coluche_-_Deshaies_Guadeloupe17.jpg

Cela dit, ça reste une jolie promenade avec vue sur la baie de Deshaies, entre deux averses. Douze jours de Guadeloupe, 8 jours d’averses, plusieurs fois par jour et pas le crachin breton ! Deshaies-Guadeloupe1.JPG Le_jardin_de_Coluche_-_Deshaies_Guadeloupe2.jpg

L’heure du retour a sonné et nous voilà en route pour notre première étape, les Saintes et son Pain de Sucre. Nous sommes en terrain connu, sauf que la météo, bien qu’atténuée, nous accueille à la sortie du chenal d’accès à la marina par un bon petit force 5 à 6 dans les rafales et des creux de trois mètres. Heureusement nous sommes au portant, vent de travers, trois quarts arrière. Gérable, certes, mais sous la pluie. Inconfortable de barrer deux heures sous la pluie tropicale mais gérable et pour quatre heures maximum... pas de problème.

Pas de problème, pas de problème, c’est vite dit. Nous nous sommes quand même fait chahuter et à une vingtaine de mètres de la bouée de mouillage le moteur s’est arrêté. La navigation dans les creux a remué le fond de cuve du réservoir, a décollé les bactéries du gasoil et bouché le filtre. Plus de moteur. Brigitte a dû naviguer pendant presque deux heures, en faisant des ronds dans l’eau, avec toujours vingt nœuds de vent et les vagues, le temps que je change, le filtre, les tuyaux et que je pose une pompe d’amorçage. Le tout dans une ambiance très agitée dans la soute moteur. Le sommeil a été très profond.

Le lendemain direction Portsmouth en Dominique. Petite navigation de quatre heures agitée, ventée, sportive mais agréable. Mouillage, de jour, nickel. Ouf, une fois n’est pas coutume ! Portsmouth-La_Dominique.JPG Coucher_de_soleil_a_Portsmouth1.jpg

Au petit matin, six heures, départ pour Saint Pierre, en Martinique. La navigation le long des côtes de la Dominique s’effectue tranquille. Un peu de vent 10 à 15 nœuds de travers, parfois 5 nœuds donc moteur. Cela pendant quatre heures. Passé la pointe sud de l’île, en abordant le canal de la Dominique, le bras de mer séparant la Martinique et la Dominique, paf ! une bonne grosse claque à 30 nœuds et la mer qui va avec. Le ris que nous avions enlevé précédemment il nous a fallu le reprendre illico, ce qui n’est jamais une opération facile dans des conditions sportives. Ces conditions nous ont accompagné jusqu’à la pointe nord de la Martinique pendant près de 5 heures. Le mouillage de Saint Pierre nous attendait. la_montagne_pelee_1.jpg

Le lendemain, la météo prévoyait pendant les vingt premiers milles un vent de travers médium et pour les suivants un petit peu plus mais rien d’exceptionnel. Effectivement, jusqu’aux Anses d’Arlet, les vingt milles ont été parcourus en à peine quatre heures. Cool ! Passé Arlet en direction de la pointe du Diamant, après la baie de Fort de France, le vent a changé, est monté à plus de vingt-cinq nœuds en plein dans le nez, et c’était reparti pour tirer des bords. Nous avons tout essayé pour passer le Rocher du Diamant : un long bord au large vers l’île de Sainte Lucie, des bords plus courts à la côte, et nous n’arrivions pas à passer ce foutu rocher, placé toujours au milieu de notre cap. rocher_du_diamant_un_peu_loin.jpg rocher_du_diamant_moins_loin.jpg rocher_du_diamant_3_heures_apres.jpg

Cinq heures, pour le passer et encore il nous a fallu mettre le moteur, avec l’angoisse que la mer croisée ne me décolle encore des bactéries dans le gasoil et me bouche le filtre et m’arrête le moteur ! Il faut savoir que sans moteur il est impossible de remonter contre le vent le chenal d’accès à la baie du Cul du Sac du Marin, où se trouve la marina.

Après deux heures de moteur, à l’affût du moindre soubresaut ou hoquet du moteur, nous sommes enfin arrivés à notre emplacement, de nuit, comme d’habitude, où nous attendaient des voisins de ponton pour nous aider à accoster. Ouf, une seconde fois !

Dans plaisance il y aussi plaisir et souffrance !

Gwenn_Ha_Du11.jpg

Donc quelques jours de repos et la suite au prochain numéro.

Portez-vous bien.