Good evening every body. I speak english because I arrived at Gibraltar, English land, isn’t it !

Parti d’Almerimar mercredi vers 10h30 nous comptions mettre 26/28 heures pour rejoindre le Rocher. Tous les bulletins météo, Lamma Rete, Xygrib, Météo Marine Espagne, avaient la même analyse, du vent de face, faible en début de journée et quasiment pétole en fin et la nuit.

ET, BEN NON ?

Petit QCM : après Zig qu’y a-t-il ? Entourer la ou les bonnes réponses. 1) Gaz 2) Zag 3) Grrr

Vous avez dû cocher, Zag et Grrr. C’est bien, vous pouvez revenir en deuxième semaine.

Zag : parce que nous en avons fait quelques-uns de Zig et de Zag avec un vent dans le nez entre 20 et 23 nds constants pendant près de 10 h. Nous avons tiré des bords. A ne pas confondre avec bordée qui dans l’expression « partir en bordée », signifie partir en bringue, faire les bars et revenir pochtron, en zig-zag. Le résultat est le même, je vous l’accorde, sauf que nous, en mer, sur l’eau, nous sommes à l’eau.

Grrr : parce que pendant 10 heures nous n’avons quasiment pas avancé en ligne droite par rapport à notre plan de route et que les prévisions météo, même si certaines donnent l’évolution heure par heure, ont leurs fiabilités qui peuvent être aléatoires.

Le départ d'Almérimar avec les montagnes enneigées était pourtant sympa!

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Enfin en début de nuit le vent a un peu baissé, 12/14 nds, toujours dans le nez, donc brise Volvo pour essayer de reprendre un peu de temps sur le parcours. La mer s’étant un peu calmée pour, au petit matin, devenir plate, comme vous pourrez le constater sur les photos si artistiquement prises par un des photographes du bord.

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Et quand je dis calme, c'est calme.

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Je reprends le récit ce vendredi matin en quittant Fuengirola entre Malaga et Marbella. Hé oui ! Nous n’avons pas pu arriver à Gibraltar.

Le paragraphe précédent parlait d’une mer plate sur laquelle nous avions pu déjeuner au balcon avec vue sur mer. Trop top ! Mais la mer a ses humeurs et elle ne prévient pas toujours. Même si nous avions anticipé un renforcement du vent pour la soirée, nous avons été surpris de la soudaineté et la force. Alors que les bulletins météo annonçaient un maximum de 16 nds nous avons eu au moins 30 nds dans le nez, en 10 minutes, et nous avons dû partir sous un ris et trinquette au grand largue avec 25 nds dans le « cul ». Nous filions entre 8 et 9 nds.

Dans ces conditions impossible de remonter au vent et d’approcher des ports plus proches de Gibraltar, nous avons donc filé droit sur Fuengirola qui était pile poil sur notre bord, mais à 30 milles plus au nord. Nous reculions par rapport à notre objectif ! C’est ainsi.

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Donc, ce matin départ en longeant la côte andalouse pour que si ce phénomène survient à nouveau, nous soyons rapidement à l’abri dans un port, et puis nous éviterons aussi le courant rentrant du détroit, car hier, notre speedomètre indiquait 5 nds de moyenne alors que le GPS 3 voire 2,5. Le courant faisait tourner plus vite l’hélice du speedo. La vitesse surface était plus rapide que la vitesse fond. Entre les zigs et les zags, le courant réduisant l’allure et le coup de vent, cette liaison Almérimar/Gibraltar, qui semblait sur le papier une formalité de 24 à 26 heures, s’est transformée en navigation pure et dure. Comme quoi, rien n’est jamais figé et la nature nous impose sa loi. C’est joliment dit ça, non ? Hein ?

Je reprendrais l’écriture en arrivant à Gibraltar. Nous qui avions une envie de fish and chips, il va nous falloir patienter encore. Par ailleurs je m’en fiche parce que j’ai fait le plein de chips et de Guinness. Donc …

Et voilà, nous sommes enfin arrivés à 21h30 à La Linéa, la marina espagnole à côté de Gibraltar. Parti de Fuengirola à 10 h30 nous avons donc mis 11 heures pour effectuer 54 milles soit près de 5 nds de moyenne. La première partie du trajet a été effectuée au moteur, en ligne droite sur Estepona, vent de face, 10 nds. A partir d’Estepona, le vent est passé au travers à plus de 24nds. Sous GV avec un ris et la trinquette nous avancions entre 7 et 8 nds au près bon plein. Jamais le bateau n’avait connu une telle vitesse à cette allure. Les milles ont, en ce moment-là, vite défilé, et en direction de la pointe de Gibraltar.

Brigitte à la barre, 24 nds au près bon plein et 20° de gîte, sereine. Même pas peur.

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La navigation de nuit dans le golfe nous a obligé à remettre le moteur et à slalomer entre les divers bateaux commerciaux, cargos, porte containers, pétroliers qui mouillent dans la baie, ou circulent à vitesse réduite. Un beau capharnaüm, et nous au milieu à s’écarquiller les yeux pour voir qui fait route ou pas. L’AIS est, compte tenu du nombre de bateau qui émettent, quasiment inexploitable.

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Maintenant, un ou deux jours à la marina pour bien étudier le passage du détroit en étudiant la météo, la renverse du vent, il nous faut du vent est, ou nord-est, et la marée. Il faut combiner une marée descendante, vers l’atlantique avec un vent d’est dans le dos. Et là c’est royale pour aller sur Rota prochaine étape.

La suite au prochain numéro. D’ici là, portez-vous bien.